Tabitta et Gaty nous on accueilli au cœur de leur propriété.

Tabitta et Gaty nous ont accueillis au cœur de leur propriété. La famille avec Jacques.

Tabitta et Gaty nous on accueilli au cœur de leur propriété.

Gaty, Audrey et Tabitta.

Le surlendemain du mariage de Ben et Liz à Nairobi, nous mettons les voiles (en bus) direction Kehancha. Là, nous espérons rencontrer des femmes de l’ethnie Kuria, unies selon les liens du « Nyumba mboke ». Tradition ancestrale dont pas grand monde n’a pu nous expliquer les origines, le « Nyumba mboke » permet, chez les Kurias, à une femme âgée qui n’a pas eu d’enfants ou tout du moins pas de fils, d’en épouser une plus jeune, pour qu’elle assure sa descendance.

Autant dire que la coutume avait de quoi interpeller, particulièrement au cœur d’une ethnie perdue dans l’arrière-pays kenyan.

Le tout était d’arriver à trouver un couple qui voudrait bien se confier. Mais le bol était cette fois encore de notre côté. Après quelques malentendus, quiproquos et autres négociations, Tabitta et Gaty nous ont ouvert leur porte.

La famille s'est gentiment prêtée au jeu des interviews.

La famille s’est gentiment prêtée au jeu des interviews.

Nos hôtes ne parlant que swahili, nous avons pu nous comprendre un peu mieux grâce aux services d'interprète de Cosmas, un professeur, ami de la famille.

Nos hôtes ne parlant que swahili, leur ami Cosmas, s’est chargé de la traduction en anglais.

Tabitta (82 ans) et Gaty (56 ans) se sont unies voilà une trentaine d’années. Il ne s’agit pourtant pas là d’un mariage gay à proprement parler. Si une certaine tendresse existe entre les épouses liées par le Nyumba mboke, leur relation n’est pas amoureuse. Par ce biais, la femme âgée du couple (souvent mariée à un homme par ailleurs, ou veuve) permet à son nom de perdurer et à ses terres de revenir à son fils, et non à la famille de son époux (neveux…). Chez les Kurias, l’idée de tomber dans l’oubli après sa mort est visiblement particulièrement mal vécue.

Gaty et Tabitta aux fourneaux, dans une petite bâtisse sombre, réservée à la cuisine, seulement éclairée par le foyer aménagé au centre de trois grosses pierres.

Gaty et Tabitta aux fourneaux, dans la sombre bâtisse réservée à la cuisine, juste éclairée par le foyer aménagé au centre de trois grosses pierres.

Les deux femmes nous ont donné un aperçu de leur quotidien au sein de leur exploitation.

Les deux femmes nous ont donné un aperçu de leur quotidien au sein de leur exploitation.

Pour Gaty, la femme plus jeune, ce n’était pas forcément un choix. Elle a accepté la décision de ses parents, mais confie tout de même que l’avantage est d’être plus libre que si elle avait été mariée avec un homme. D’autant que selon plusieurs témoignages, les hommes Kurias sont réputés avoir la main particulièrement lourde. Les relations de la jeune femme avec des hommes se limitent alors à des rapports sexuels, qui prennent fin une fois qu’elle tombe enceinte. Cela dit au sein de ce couple féminin, les deux épouses semblent loin d’être sur un pied d’égalité. La femme âgée endosse le rôle de chef de famille tandis que sa compagne assure en grande partie les tâches ménagères.

Les allers-retours à la sources se multiplient chaque jour pour Gati.

Les allers-retours à la source se multiplient chaque jour pour Gaty.

Un petit linge enroulé sur sa tête, Gaty hisse le bidon de 10 litres d'eau sur sa tête.

Un petit linge enroulé sur sa tête, Gaty hisse le bidon de 10 litres d’eau au sommet de son crâne.

Voilà pour les grandes lignes. Notons juste que cette tradition semble assez mal vue par une bonne partie des Kurias, eux-mêmes. Les détracteurs du Nyumba mboke encouragent plutôt le recours à l’adoption. Reste que la solution est déjà galère pour nous, et bien plus encore pour eux.

Petits fous-rires ou légère lassitude blasée lors de ces adieux, qui se sont un rien éternisés pour les besoins du cameraman...

Petits fous-rires ou légère lassitude blasée lors des adieux à la famille, qui se sont un rien éternisés pour les besoins du cameraman…

 

Toujours aussi impressionnant de constater la maîtrise de ces femmes qui n'ont même pas besoin d'une main pour maintenir les bidons pleins sur leur tête.

Toujours aussi impressionnant de constater la maîtrise de ces femmes qui n’ont même pas besoin d’une main pour maintenir les bidons pleins sur leur tête.

Il faut une dizaine de minutes pour rejoindre la source d'eau de la maison et les femmes de la famille se croisent régulièrement sur le chemin.

Il faut une dizaine de minutes pour rejoindre la source d’eau de la maison et les femmes de la famille se croisent régulièrement sur le chemin.

Coup de bol, chargée comme elle était, Gaty aurait pu s'impatienter devant nos difficultés de communication. Mais non, un sourire flottait sur ses lèvres.

Coup de bol, chargée comme elle était, Gaty aurait pu s’impatienter devant nos difficultés de communication. Mais non, un sourire flottait sur ses lèvres.

Tabitta

Tabitta

A 82 ans, Tabitta, qui bêche ici dans sa bananeraie, ne manque pas d'énergie.

A 82 ans, Tabitta, qui bêche ici dans sa bananeraie, ne manque pas d’énergie.

La propriété se constitue de plusieurs bâtisses, où se répartissent les deux femmes, leurs enfants et petits enfants.

La propriété se constitue de plusieurs bâtisses, où se répartissent les deux femmes, leurs enfants et petits-enfants.

Entre vaisselle, cuisine et exploitation, la famille nous a expliqué son quotidien.

Entre vaisselle, cuisine et exploitation, la famille nous a expliqué son quotidien.

vaisselle

Gaty fait la vaisselle dans leur cour.

L'une des filles du couple dans la Bananeraie.

L’une des filles du couple dans la bananeraie.

Jacques en plein échange avec notre traducteur.

Jacques en plein échange avec notre traducteur, Cosmas.

Tabitta sait aussi se montrer autoritaire.

Tabitta sait aussi se montrer autoritaire.

Nettoyage de l'entrée de la maison.

Nettoyage de l’entrée de la maison.

Vélo du fils de la famille, âgé d'une petite vingtaine d'années, garé devant l'entrée de la propriété.

Vélo du fils de la famille, âgé d’une petite vingtaine d’années, garé devant l’entrée de la propriété.

Si vous aimez les avocats, le kenya et ses spécimens de la taille d'un melon est votre terre d'asile.

Si vous aimez les avocats, le Kenya et ses spécimens de la taille d’un melon est votre terre d’asile.

S'il est pas craquant ce sourire d'une des petites-filles du foyer.

S’il est pas craquant ce sourire d’une des petites-filles du foyer !

Bon c'est vrai, je n'ai pas eu la cote instantanément avec les minots.

Bon c’est vrai, je n’ai pas eu la cote instantanément avec les minots.

Brochette de petits-enfants un rien dubitatifs.

Brochette de petits-enfants un rien dubitatifs.

Ici, des petits chiots en train de têter leur mère.

Chiens faméliques et chats se retrouvent aux quatre coins de la propriété.

Petit bout et épi de maïs.

Petit bout et épis de maïs.

Ah le thé kenyan !

Ah le thé kenyan !

A la fin de notre rencontre, la famille nous a invités à partager un petit encas, suivie d'une séance vidéo.

A la fin de notre rencontre, la famille nous a invités à partager un petit encas, suivi d’une séance vidéo sur l’ordi de Jacques.

Enfants et petits-enfants.

Enfants et petits-enfants.

Gaty, toute en douceur, force et discrétion.

Gaty, toute en douceur, force et discrétion.

Kwaheri ! Aux côtés de la famille presque au complet, même le chat nous dit au revoir.

Kwaheri ! Aux côtés de la famille presque au complet, même le chat nous dit au revoir.