Avant de décoller ce jeudi 11 juillet, il a fallu faire pas mal de choix. Un des plus cornéliens a été, pour Jacques, de savoir s’il fallait prendre ses chaussures de course à pied.

Ben oui, au sortir d’un marathon de Paris 2013 où il n’avait pu rivaliser avec les Kényans (4 h 11 minutes et qq contre moitié moins pour le premier), notre athlète s’était mis en tête de remporter le match retour, à l’extérieur.

Mais depuis notre arrivée à Nairobi, le 12 au petit matin, nous n’avons quasiment pas vu un seul Kényan courir.

Au coeur de ce marché coloré de Mombasa (Kenya), un jeune homme marche entre les étals.

Jeune marcheur, marché de Mombasa.

Désolés pour Manu, José, Fabienne, Fix, Anne-Cé, Farid, Mattbe, Chris et tous les autres… Nous avons quand même appris que seule l’ethnie des Kalenjin était vraiment spécialisée dans l’athlétisme. Du coup, il faut croire que les autres n’essaient pas 🙂

Au bord des routes, ces zest’africains préfèrent bizarrement s’envoyer des dizaines de km dans la tronche en marchant. Les fous, ça irait plus vite… En même temps, avec un sac de farine ou un immense seau d’eau sur la tête, ça ferait un peu Intervilles. Il y a même les vachettes.

 

Quatre porteuses d'eau, de dos, sur une route de terre.

Des porteuses d’eau.

Quand ils ne marchent pas, ils s’entassent dans des « matatus », petits minibus souvent flanqués d’une appellation « fashion » un peu classe : Google, Real Madrid ou Obama (qui a des racines kenyanes) sont assez bien vus.

Deux matatus se croisent. Celui de gauche est surchargé de bagages, et plusieurs voyageurs "débordent" par la portière ouverte, se cramponnant comme ils peuvent.

Croisement de deux matatus dont l’un est surchargé.

Les matatus sont souvent gérés par un duo : le chauffeur et le rabatteur. Lors des arrêts/stationnements des minibus, ce dernier hurle en boucle le prix du trajet. C’est une sorte de compétition entre les matatus, et les rabatteurs n’hésitent pas à venir chercher par le bras le moindre passant un peu incertain. Drôle de spectacle de voir un citoyen quasi-impassible se faire tirer vers le véhicule…

Il y a aussi taxis, moto-taxis (qui se sont répandus récemment avec l’arrivée des Chinois, refaisant les routes, si Jacques a bien compris), touk-touk (ou boda-boda ici) et bus, pour lesquels nous sommes encore en formation.

Deux touk-touk ou boda-boda se suivent dans les ruelles colorées de la vieille ville de Mombasa, sous le regard d'un garçon assis sur un tabouret devant chez lui.

Deux boda-boda vus de dos.

Allez comprendre que le bel avion dessiné en détail n’est pas une déco ou le logo d’une marque, mais l’indication que le trajet aboutit à un des aéroports (alors que le départ est indiqué plus clairement) !

En demandant des renseignements, ça peut parfois être pire. Lors d’un trajet en bus pour Kehancha, une petite ville du sud-ouest, nous avons été surpris d’apprendre que le bus pourrait nous y déposer directement. Un peu honteux, nous avons demandé plusieurs fois confirmation, et « pas de problème » (en swahili : « hakuna matata » ! Ca vous rappelle un truc ?)

L'intérieur d'un matatu, un minibus d'une quinzaine de places au total. Difficile d'y circuler, surtout avec des bagages !

A l’intérieur d’un matatu.

Sauf que bien sûr, le trajet s’est fini par un quasi-largage au milieu de pas grand-chose, à 20 bornes de notre but, avec une dizaine de motos-taxis prêts à nous emmener au péril de nos intégrités à tous.

Au fait, joli spectacle, à chaque étape du bus : des marchands ambulants se précipitent pour hisser à bout de bras des maïs, bonbons, bananes, cannes à sucre, etc. sous le nez des passagers. Comme cette fois à Emali (tomates et oignons).

 

Les bus sont pris d'assaut, à chaque arrêt, par des vendeurs ambulants, tendant à bout de bras leurs marchandises aux passagers. Ici, tomates et oignons à Emali.

Vendeurs ambulants autour d’un bus.

Bref, nous avons survécu quand même et de retour à Nairobi, nous arrivons maintenant à prendre les transports tout seuls !

Et les chaussures, dans tout ça ? Elles rongent leur frein, et ça ne fera peut-être pas de mal !